Programme de recherche doctoral ARP et SACRe

Les Beaux-Arts de Paris, membre de la Communauté d’universités et d’établissements Paris Sciences et Lettres (COMUe PSL Research University) sont l’une des six institutions fondatrices du programme doctoral Sciences, Arts, Création, Recherche (SACRe). Cette formation est issue de la collaboration des Beaux-Arts de Paris avec l’École normale supérieure (Ens), l’École nationale supérieure des Arts décoratifs (Ensad), l’École nationale supérieure de l’image et du son (Fémis), le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (Cnsmdp) et le Conservatoire national supérieur d’art dramatique (Cnsad).

SACRe a pour ambition de développer de nouveaux domaines de recherche par la pratique artistique en explorant les interfaces entre les différents arts, ainsi qu’entre les arts et les sciences (sciences exactes, sciences humaines et sociales).

La formation complète des jeunes artistes, d’une durée de trois ans, conduit au doctorat d’art et de création. Elle est constituée, d’une part, d’un programme commun à l’ensemble des doctorants SACRe issus des différentes disciplines artistiques ou des sciences exactes, humaines et sociales, et d’autre part, d’un programme spécifique à chaque école, qui, dans le cas des Beaux-Arts de Paris, est intitulé Art, Recherche, Pratique (ARP). Ce programme de 3e cycle a vocation à former de jeunes artistes de haut niveau, déjà engagés dans une pratique autonome.

En 2016-2017, deux nouveaux doctorants artistes seront accueillis dans les formations SACRe et ARP. Ils ont été sélectionnés par un jury plénier composé de membres de l’École doctorale 540 (ED 540) de l’ENS et des établissements partenaires de SACRe, après une première sélection organisée sous la responsabilité des Beaux-Arts de Paris (pré-sélection sur dossier puis audition des candidats).

L’un bénéficie d’un contrat doctoral de trois ans (36 mois), l’autre peut obtenir un soutien financier de l’établissement.

Tout.e.s les doctorant.e.s artistes, soit onze à la rentrée 2016, sont inscrit.e.s à l’ED 540, École doctorale de l’Ens ainsi qu’à PSL. Ils/elles ont accès à tous les moyens techniques et logistiques des Beaux-Arts de Paris et de SACRe.

Les modalités de candidature en vue du recrutement des doctorant.e.s pour la rentrée 2017-2018 seront communiquées à partir du mois de mars 2017.

Art, Recherche, Pratique (ARP) : de la recherche lorsqu’il s’agit de création artistique

L’objectif du programme ARP est d’accompagner de jeunes artistes doctorants dans l’élaboration et le développement d’un projet de recherche fondé sur une pratique artistique. Il relève d’une démarche orientée vers la création d’oeuvres, étant entendu que cette activité est également productrice de savoirs, bien que cela ne soit pas sa finalité. L’enjeu de ce travail pour l’artiste sera d’affirmer une position dans un contexte artistique et les points d’ancrage qui seront apparus dans les étapes précédant la diffusion de son oeuvre.

La vocation du programme de recherche est de concourir au développement de l’oeuvre d’une ou d’un artiste, en lui permettant d’en approfondir un ou plusieurs aspects spécifiques ou de l’enrichir par l’étude d’un ensemble de contenus sur des sujets connexes. Le programme ARP s’efforcera de réunir les appuis théoriques et les moyens techniques qui lui permettront de mener à bien son projet.

La finalité d’un tel cycle est de se concrétiser, au terme de la formation doctorale, sous la forme d’une présentation publique des oeuvres.

Quel que soit le principe de présentation mis en place par l’artiste, il sera complété par un portfolio mettant en rapport ses oeuvres avec les résultats de sa recherche. Ce portfolio, ou plutôt cet espace discursif ouvert parallèlement à la présentation du travail, révèlera les convergences de ce qui s’est sédimenté dans les formes ou bien sous les expériences sensibles proposées. Il pourra aussi mettre en relief les sources, les réflexions, les autres pratiques, artistiques ou non, avec lesquelles l’artiste est entré.e en dialogue ou en confrontation, et rendre compte de l’imaginaire et de la subjectivité selon lesquels des choix esthétiques se sont forgés. Tous les langages, textuels, photographiques, scénographiques, muséographiques ou cinématographiques pourront être empruntés pour réaliser ce portfolio qui prolongera, approfondira ou déplacera ce qui aura été entrepris dans la présentation des oeuvres.

Expérimentations, production d’oeuvres, manifestations, recherches théoriques, se succèderont en fonction de la démarche personnelle de l’artiste. Un voyage d’études pourra être organisé à l’occasion d’une manifestation artistique, ou dans une institution du domaine de l’art ou du savoir.

En fonction de leur projet doctoral, des thématiques de recherche complémentaires peuvent être suivies par les doctorant.e.s. Pendant la deuxième année d’études, le/la doctorant.e est encouragé.e à partir en voyage d’études.

PSL pourra apporter son soutien matériel et financier à ce séjour.

Formation et encadrement

Pendant toute la durée des études, le/la doctorant.e bénéficie d’un co-encadrement (validé par la responsable de la recherche et le directeur des Beaux-Arts de Paris) par :

• une directrice ou un directeur de thèse habilité.e à diriger des recherches (HDR) enseignant aux Beaux-Arts de Paris ou appartenant à l’un

des établissements de PSL,

et

• un professeur artiste des Beaux-Arts de Paris.

Une formation commune SACRe

Un séminaire général SACRe réunit l’ensemble des doctorant.e.s participant à la formation. Il est obligatoire (à raison de 2h tous les 15 jours, 3 semestres sur 6). Portant sur une thématique annuelle commune, ce séminaire a pour objectif d’explorer les relations entre création et recherche. Il comprend aussi de manière obligatoire des bilans d’étape annuels et présentations des travaux des doctorant.e.s, qui préparent à la réalisation du portfolio et de la soutenance de thèse. À ce séminaire s’ajoutent des conférences, rencontres ou visites organisées en lien avec l’ensemble des disciplines couvertes par SACRe.

Les doctorant.e.s sont également invité.e.s à participer à l’élaboration de journées d’études, de manifestations publiques et sont incité.e.s à réaliser des actions de partenariat.

Une formation spécifique ARP

Ce programme de recherche, sous la direction de Marie José Burki, se décline sous la forme de séances de discussion autour des travaux en cours des doctorant.e.s et de tables-rondes. Leur objectif est de créer un dialogue avec des intervenant.e.s du milieu artistique ou culturel, artistes, commissaires d’expositions, critiques, historiens, conservateurs et directeurs de musées, écrivains et éditeurs, autour d’une question commune.

Ces rencontres, d’un format de deux jours, se déroulent suivant un principe fondamental, propre au programme : croiser les expériences et les univers.

La première journée est consacrée aux échanges et aux discussions avec les invité.e.s, et la seconde dédiée aux entretiens individuels avec les doctorant.e.s.

En parallèle de ces rencontres, des invitations de personnalités qualifiées ont lieu ponctuellement, au long de l’année : artistes, écrivains, artisans, etc. sont invités à s’exprimer autour de leurs pratiques et de leurs recherches.

Ces invitations particulières, d’un format d’une journée, comprennent des séances de travail individuelles avec les doctorant.e.s.

En 2016-2017, deux thématiques seront abordées :

Raconter/Montrer

Les questions anthropologiques, politiques, sociétales suscitent un vif intérêt de la part des commissaires d’expositions. Aux sources de beaucoup d’expositions, se trouvent des questions et des préoccupations qui empruntent au champ de la réflexion critique ou au champ littéraire. Comment dès lors articuler ce qui relève du discours dans l’espace d’exposition ?

Ce premier axe de réflexion s’enrichira d’autres interrogations sur les dispositifs d’exposition eux-mêmes.

Un écrivain, une oeuvre littéraire se trouvent à la source d’une exposition, du dispositif artistique émergent à partir de récits historiques, le cinéma se retrouve exposé…

Qu’en est-il de la présence d’oeuvres narratives et discursives dans les salles d’expositions ?

Quelles en sont les lisibilités ? Comment s’articulent-elles à l’espace ?

Nous interrogerons les rapports entre l’oeil et le récit et le sens à donner au visible.

Des artistes construisent un parcours dans l’espace muséal telles une narration, les salles s’enchaînent selon un certain développement.

Comment un tel procédé d’exposition se construit-il ?

L’oeuvre est parfois le dispositif d’exposition lui-même. Qu’en est-il de sa spécificité ? Celui-ci est-il reproductible dans un autre lieu et un autre temps ?

La forme même du récit et sa critique seront questionnées lors des rencontres.

Les doctorant.e.s seront invité.e.s à réfléchir aux questions posées au moyen de leurs pratiques propres, et à faire des propositions de présentations d’oeuvres.

Développer/Montrer

S’articulant de ces deux termes, la réflexion portera sur l’espace même de la production de l’artiste. Comment qualifier aujourd’hui le lieu de travail de l’artiste ? Qu’en est-il de cet espace multiple dans ses définitions ? :

portatif (ordinateur), virtuel (internet), physique (atelier), matériel (table), intime (chambre), collaboratif ou partagé (galerie, musée)…

Les doctorant.e.s seront invité.e.s à réfléchir aux questions posées

au moyen de leurs pratiques propres, et à faire des propositions de présentations d’oeuvres.

À partir de la rentrée 2016-2017, les doctorant.e.s auront également la possibilité de suivre le nouveau séminaire de Pierre Alferi, intitulé « Écritures de l’art ».

Séminaire « Écritures de l’art »

Le séminaire propose de lire et de commenter certains écrits d’artistes modernes et contemporains (d’Ensor et Arp à Smithson, Kippenberger, Kelley…), mais aussi d’accompagner la pratique de celles et ceux qui, dans l’école, s’essayent au récit littéraire, à la poésie, à la critique. La part que fera chaque séance à l’histoire et aux travaux en cours, dépendra de l’apport de chacun.e.

Ce séminaire de recherche s’adresse aux doctorant.e.s et aux étudiant.e.s, toutes années confondues, dont le travail accorde un rôle significatif à l’écriture. Du fait de cette priorité, le suivi n’y sera assuré que pour un petit nombre de mémoires de quatrième année.

Première séance : le mercredi 28 septembre, de 10h à 12h puis tous les mercredis de 10h à 12h.

Un séminaire commun intitulé « Désirs d’Asie », se déroulant dans trois écoles participant au programme SACRe, est également proposé.

Séminaire « Désirs d’Asie » (Beaux-Arts de Paris/Ens/La Fémis)

Responsables : Antoine de Baecque (Ens) et Clélia Zernik (Beaux-Arts de Paris)

Ce séminaire est organisé en collaboration avec l’Ens et la Fémis et se tiendra à tour de rôle dans chacune des trois écoles. Il est ouvert aux doctorant.e.s SACRe ainsi qu’aux étudiant.e.s des trois écoles (4e et 5e années).

Depuis quelques décennies, le voyage en Asie prend la tournure d’un nouveau « Grand Tour » : le parcours en Asie, centré sur les mégalopoles de Tokyo, Hong Kong, Singapour, Séoul ou Shanghai, constitue un voyage initiatique, un nouveau territoire pour la connaissance et l’imaginaire. Intellectuels et artistes font ainsi constamment l’épreuve de ce déplacement, rejoignant ces terres éloignées, traditionnellement associées à la figure symbolique des « antipodes », de l’envers du monde. L’enjeu du séminaire ne sera pas tant d’approfondir nos connaissances de la culture asiatique, mais plutôt de comprendre l’origine de ce désir d’Asie ; non pas tenter de définir ce que l’Asie « est », mais bien plutôt ce que l’Asie « fait » aux intellectuels, aux artistes et aux cinéastes. Nous voudrions comprendre ce que le séjour en Asie opère comme déplacement, aussi bien dans la pensée que dans les arts.

Durée : 8 séances de 3h, le premier mardi de chaque mois, d’octobre 2016 à mai 2017.

Première séance le 4 octobre 2016, lieux à préciser à la rentrée.

Les doctorant.e.s sont fortement incité.e.s à assister aux séminaires de recherche des professeurs de l’École et aux séances de rencontres organisées dans le cadre de la programmation culturelle.

Évaluation et soutenance

Pendant la formation, l’évaluation s’appuie sur le suivi régulier des travaux artistiques, la présentation d’oeuvres, les recherches et activités connexes.

Un bilan annuel écrit est établi en fin de 1re et 2e années, par le ou les directeurs de recherche et les encadrant.e.s artistes.

La soutenance se déroule à la fin de la 3e année. Le/la doctorant.e présente ses travaux, son portfolio et son parcours au jury dont les membres s’expriment tour à tour. Le jury est composé de six à huit personnes, dont au moins une moitié d’enseignants-chercheurs habilités à diriger des recherches (HDR).

Le jury répond aux normes habituelles des jurys de soutenance doctorale, qui fixent un minimum de trois personnalités HDR et précisent que la moitié des membres doivent être extérieurs à l’institution dont relève l’École doctorale 540.